Page 157 - Architectures vivre-Novembre
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n 2017, Ferrari soufflait ses soixante-dix bougies. Si détails d’architecture appartenant à la culture de l’Italie du
vous aviez raté la vrombissante exposition au Design Nord bien avant l’apparition de l’automobile », écrit Andrew
EMuseum de Londres qui accompagnait l’anniversaire Nahum. Cette quête de l’excellence sera poussée jusqu’aux
de la marque au petit cheval cabré, réjouissez-vous : édité usines où naissent les bolides, avec la complicité de célèbres
chez Phaidon, le catalogue de l’événement – un show de lauréats du prix Pritzker – d’abord l’italien Renzo Piano, qui,
quatorze autos de course et de route, soit la première et en 1998, revitalise l’image de la soufflerie en imaginant un
plus importante exposition jamais sortie d’Italie – vient d’être bâtiment en hommage à la canalisation d’air et où est testée
traduit en français. Nul besoin d’être un fou de construction l’aérodynamique des moteurs, puis le français Jean Nouvel,
automobile pour foncer dans ses pages : l’ouvrage en a dans qui revêt de panneaux rouge brillant l’usine historique et sa
le moteur, et pas seulement pour l’admirateur de la Scuderia. chaîne de production automatisée (2009). Quant aux voitures,
Sous le capot – pardon, la couverture –, vrombit l’une des elles sont peu nombreuses, comme en témoignent le peu de
plus captivantes aventures du design du XX siècle, boostée modèles présentés dans l’exposition londonienne, mais toutes
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d’archives, de témoignages et d’anecdotes inédites. Au légendaires, de la 250 GTO, considérée par les spécialistes
volant, un créateur charismatique, Enzo Ferrari (1898-1988), comme le summum du design de Ferrari, à la Ferrari F40, LA
personnage obsédé par la performance des moteurs, mais supercar du XX siècle. À la recherche de la vitesse et de la
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que son empathie pour la mécanique ralentissait sur les ligne, cette liaison heureuse entre la forme et la fonction est
circuits, car pas assez impitoyable pour risquer d’outrepasser l’une des plus intéressantes de l’âge industriel : car s’il n’y a
les limites de sa monture. La définition même de l’automobile pas plus rapide qu’une Ferrari, vision fugace lancée tambour
en sera à jamais changée, tant il a fait corps avec ses voitures battant sur le bitume d’une piste, son image imprègne la
ultra-rapides : « Il pouvait transmettre l’extraordinaire force de rétine à jamais. Un processus subtil qui explique qu’aucun
sa personnalité à son travail, à l’élégance des lignes et à la autre véhicule ne se soit implanté aussi durablement dans nos
puissance des moteurs », raconte son concurrent historique, esprits, « et qu’une marque et un produit perdurent, faisant fi
Gianni Agnelli, propriétaire de Fiat. « Mes voitures doivent des normes automobiles et d’un monde qui serait simplement
être belles. Mais plus que cela, elles ne doivent pas tomber utilitaire », concluent les auteurs de ce livre. À l’image des
en panne sur le circuit. Car les gens diront : “Quel dommage, voitures superbes tatouées du cavallino rampante, il se peut
elle était si belle.” », aurait-il lui-même déclaré. Un tour de force bien que l’ouvrage devienne, lui aussi, iconique.
avant l’heure en matière de marketing, tant le mot même de
Ferrari véhicule un imaginaire de glamour et de fulgurance.
Contrairement aux idées reçues, son écusson hennissant, le
célèbre cavallino rampante, ne fait pourtant pas écho aux
chevaux de son moteur, mais plutôt à l’emblème d’un as de
l’aviation italienne : Francesco Baracca. Pendant les combats
de la Grande Guerre, celui-ci avait fait peindre un équidé sur
sa carlingue en guise de porte-bonheur.
QUÊTE DE L'EXCELLENCE
Pour façonner ses véhicules au blason jaune, Enzo Ferrari
ne mise, lui, pas sur la chance, mais sur les talents d’un
aéropage de haut vol : « Il a à la fois embauché, inspiré,
4 LIVRES
malmené et licencié les meilleurs ingénieurs d’Italie », relate À GAGNER !
Andrew Nahum, commissaire invité au Design Museum pour p. 176
l’exposition Ferrari et auteur du catalogue. Ses poulains
avaient une appétence pour l’esthétique italienne et, surtout,
étaient formés dans des écoles d’art portées sur les formes Ferrari, à cœur ouvert,
Andrew Nahum,
éditions Phaidon,
et l’architecture classiques. « En examinant un essieu Ferrari, octobre 2018, 240 pages,
on y trouve des références au type de ferronnerie et à des 25 × 29 cm, 49,95 euros
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